Petite histoire du Taoïsme

Au cours des siècles, ce sont différents courants de pensées qui voient le jour en Chine.
Ils apparaissent un peu partout en Chine sous forme d’écoles ou de sectes.
Il nait de ces courants des concepts taoïstes  qui deviendrons la religion taoïste associant la philosophie du Dao (enseignée par Laozi, Zhuangzi, Liezi), une médecine et une alchimie chinoise (transformation des minerais et plantes en élixir), des exercices physique et une gymnastique thérapeutique, une dévotion a un panthéon de divinité (qui se développera au cours du temps), de l’astrologie, de la cosmologie et du chamanisme ancien (magie).

Toutes ces influences, plus distinctes sous l’antiquité, sont peu à peu associées avec le temps.

Voilà une rapide chronologie:

- Laozi  (6e-5e siècle avant J.C).
Il est L’auteur présumé du « Daodejing » (le livre de la voie et de la vertu).
Le mythe de Laozi s’enrichit d’éléments, jusqu’à sa divination officielle en 165 après J.C, où lui est attribué le titre de suprême seigneur Lao. On le considérait alors comme une manifestation du Dao, et l’on pensait qu’il pouvait prendre 81 formes différentes pour transmettre son enseignement dans le monde.

- Zhuangzi (369-286 avant J.C).
Il vit à l’époque des royaumes combattants (5e-4e siècle avant J.C), période de trouble durant laquelle la Chine est divisée en petits pays.
Une période qui voit le Jour aux « 100 fleurs » (c’est-à-dire aux 100 écoles), ces écoles  représentent différents courants de pensée, se sont différents courants de pensée comme le Légisme, le Confucianisme, le Moïsme, le Taoïsme,…
L’ouvrage de Zhuangzi, selon les historiens, se composerait de trois parties. Une première partie attestée comme étant son œuvre, une deuxième  »peut-être » écrite par lui et une troisième partie qui est rajoutée et ne lui appartient pas.
Autant le Daodejing explique comment gouverner le monde en parfaite harmonie, autant le livre de Zhuangzi prend un virage opposé en rejetant le pouvoir et  illustre la vie de l’ermite comme plus proche de la nature des choses, de soi-même.

- Liezi (4e siècle avant J.C).
Auteur du livre du « vide parfait », son ouvrage est une référence philosophique qui n’est incluse officiellement aux classiques taoïstes qu’au 8 e siècle après J.C.
Comme ces deux compères, on trouva bien le moyen de le diviniser, ajoutant  la croyance selon laquelle il ait eu la capacité de chevaucher le vent.

- 2e siècle avant J.C. Le courant « Huang Lao » et l’ouvrage du « Huinanzi » font leur apparition.
Cet ouvrage encyclopédique faisant la synthèse de Daodejing, du Zhuanzi, des Légistes (école de la loi), du confucianisme et des mages cosmologistes.

Depuis le 1er siècle après. J.C  et aux siècles suivants, nombre d’aspects de ce courant se fondent dans le taoïsme religieux naissant.

- 142 après J.C. Zhang Daoling, chef de la secte des « 5 boisseaux de riz », forme l’école taoïste de « l’un orthodoxe » (Zhengyi) se voue à ramener le monde à l’état parfait. C’est un des deux grands courants taoïstes qui existent encore aujourd’hui.
Le 63e maître céleste (la plus haute autorité religieuse) a fuit a Taïwan après la prise de pouvoir en  Chine par les communistes.

- 165 après J.C.
Officialisation du culte de Laozi, divinité céleste et sauveur de l’humanité. Naissance de la religion taoïste (telle qu’on la conçoit aujourd’hui).

- Ge Hong (283-343), taoïste et alchimiste réputé, passe sa vie à la recherche de l’élixir d’immortalité.
Il représente avec ses ouvrages la tradition alchimique qui influence le taoïsme au cours des siècles.

- L’école des mystères (3e-4e siècle après J.C), propage l’idée d’un esprit taoïste de spontanéité, de liberté d’esprit et de non conformisme.
École qui a des influences bouddhistes, et qui divinise fortement Laozi et Zhuanzi.

- Vers la fin du 4e siècle naissent les courants de la « suprême pureté », qui élabore de nouvelles pratiques contemplatives, et du « joyeux magique » (ou sacré) qui donne au rituel taoïste une forme qui perdure jusqu’à l’époque contemporaine.

- Kou Qianshi, en 424, crée chez les Wei du Nord (un des royaumes de la Chine fragmentée de l’époque) un clergé taoïste copié sur le modèle bouddhique.
C’est la première institution monastique taoïste avec des textes sacrés et une liturgie propres a l’école Zhengyi.
Le début d’une tradition plus unitaire s’impose.

- Sous la dynastie Tang (618-907), les empereurs adoptèrent pour doctrine officielle le taoïsme en même temps que le confucianisme.
Les institutions taoïstes se renforcent.

- Au 12e siècle, avec le changement de dynastie et l’invasion de la Chine du Nord par les « barbares » (les mongols de Gengis Khan), la religion taoïste perd son caractère aristocratique. Elle s’ouvre au laïcat et accroit son influence et ses pratiques dans les classes populaires (notamment avec l’usage de talisman et de formules sacrées). De nouvelles écoles naissent, comme le « Tianxin (cœur du ciel) et la « Shenxiao » (empire divin), qui combinent des aspects des traditions médiévales avec des pratiques ésotériques.

- Wang Chongyang ou Wang Zhe (1112-1170), fonde l’école Quanzhen (école de la perfection totale).
Il veut épurer les pratiques occultes, fait une synthèse du Daodejing, du Bouddhisme de la Prajnaparamita et du « classique de la piété filiale » (Xiaojing).
Il établit aussi un lien avec les maîtres célestes (école Zhenyi) et les alchimistes.
Cette nouvelle école est aujourd’hui l’institution taoïste officielle en chine.

Les sectes et courants taoïstes sont à l’origine de multiples révoltes au cours de l’histoire chinoise.
Mais l’école Quanzhen est moins politisée, elle est contrôlée par les fonctionnaires du tourisme et sources de profit pour l’État.

C’est aujourd’hui un problème, car les moines considèrent qu’on prend leurs sites comme des zoos.
Beaucoup de maîtres fuient ces sites sacrés pour retrouver une tranquillité.

- Du 14e au 19e siècle, la politiques des dynasties chinoises visant à faire obstacle à la subversion potentielle des religions, réduisent le morcellement des cultes.
Nombres de courants taoïstes mineurs confluent dans une des deux traditions officielles, qui coexistent grâce à leur complémentarité.
L’école Quanzhen permit la poursuite de la tradition alchimique et monastique; celle des maitres célestes, plus encline à coopérer avec les cultes locaux, favorise pendant ces derniers siècles la diffusion du taoïsme dans les couches populaire, souvent au détriment du bouddhisme.

Bien que les petits courants et sectes n’aient pas survécu au temps, certains de leurs ouvrages eux, sont encore présents.