Introduction a la culture du thé en Chine

D’après un texte de Yang Haiyan.

La chine est le pays natal du the. Cultiver, fabriquer, boire du the, tout cela trouve son origine en Chine. Au 8e siècle, Lu Yu a rédige un ouvrage intitule « livre du the », dans lequel il présentait l’origine, la culture, la cueillette, la cuisson, la dégustation et les services du the. C’est une œuvre très importante de l’histoire du the, et c’est aussi le premier livre qui est entièrement consacre au the. Aujourd’hui, le the est devenu l’une des boissons les plus populaires dans le monde entier. On compte plus de 50 pays producteurs du the.  Mais en Chine,  particulièrement,  la culture du the est en effervescence.

L’origine et l’histoire du the

D’après les recherches scientifiques, l’existence des théiers serait attestée jusqu’a 60-70 millions d’années avant notre ère. Le sud-ouest de la Chine (la province du Yunnan, du Guizhou, du Sichuan) est considère comme la région originelle des théiers. On a découvert des théiers sauvages dans 10 régions et provinces de Chine, dont un théier sauvage trouve dans la province du Yunnan et qui vit déjà depuis plus de 1700 ans.

Les théiers poussent souvent dans les zones fraiches, humides, sur les collines, les montagnes ou se nappent des brouillards, ou coulent des ruisseaux, toutes ces conditions géographiques étant favorable a la culture du the.

Dans l’antiquité primitive (2737-2697 avant J.C), la valeur médicinale du the a été découverte par ShenNong (Dieu de l’agriculture, avec un corps d’homme et une tète de bœuf). Le the est alors consomme comme plante médicinale. Le the était considère comme faisant baisser la chaleur du corps, diminuant la toxite, excitant les nerfs. Les feuilles du théier étaient plongées dans l’eau ou on les faisait bouillir. On buvait « le médicament amer » ainsi prépare pour guérir des maladies.

L’habitude de prendre du the comme boisson a été décrite dans un texte rédige en l’an 59 avant J.C. Durant les premières années de la dynastie des Han occidentaux, le the était une boisson quotidienne des familles royales, des moines, des fortunes, ou comme objet d’accompagnement des décèdes dans les funérailles. Un tombeau de dynastie des Han découvert dans la province du Hunan en atteste l’existence.

Dans la Dynastie du Sud et du Nord (420-589 après J.C), boire du the était déjà très a la mode dans la Chine du Sud-est, on offrait du the aux invites pour exprimer la politesse. Au début du 9e siècle,  les mœurs et la technique du the ont été transportes d’abord au Japon, ensuite vers les autres pays du monde. Depuis la dynastie des Tang, la production et le commerce du the sont devenus une source de recettes pour les finances de l’état. Le gouvernement a commence à percevoir l’impôt de the, fondant des domaines de the nationaux pour en promouvoir la production et le commerce. Durant la Dynastie des Song, pour riposter aux attaques des nomades du Nord,  le gouvernement échangea du the du sud contre des chevaux du nord, ou les nomades qui consommaient beaucoup de viande, appréciaient sa saveur, qui aidait a digérer et a dégraisser. Cette politique fut une réussite.

Durant la Dynastie des Tang, en l’année 805, un moine japonais Dengyo Daishi a transporte des graines et des théiers de Chine au Japon ou il les cultiva avant d’en offrir la boisson a L’empereur.

En 1610, des Hollandais ont entame le commerce du the a partir de Macao, pour le vendre en Europe. En 1657, le the chinois a commence à être vendu sur le marche français.

Les variétés du the

Les quatre grandes régions d la production du the se repartissent à travers le pays, la région au sud du fleuve Yangtse étant la première région de production du the, particulièrement la province du Zhejiang et du Hunan. Le the peut se diviser en 6 catégories: vert, rouge, du dragon noir, blanc, jaune et noir. La différence existe surtout dans la couleur, l’odeur, le gout et la forme du the. Les habitants de la province du Guangdong et du Guangxi préfèrent boire du the rouge (connu en occident comme du the noir); ceux de la province du Fujian aiment le the du dragon noir; ceux du sud du Yangtse prennent plutôt du the vert; les gens du nord adorent le the au jasmin; quand aux minorités nationales, elles consomment du the noir et du the en brique.

Outre le jasmin, on ajoute aussi de la rose, des fleurs de prunier, d’osmanthe (de jasmin?), etc.., dans le the pour lui donner une odeur agréable. Dans certaines régions, on ajoute du riz saute, des dattes dans le the pour les manger. Le conditionnement lui aussi est très varie: le the en brique, en galette, en sachet, en natte…

Parmi les thés les plus célèbres en chine, on trouve:

1. Longjing du lac de l’ouest

Ce the est produit à Hangzhou dans la province du Zhejiang. Dans les montagnes autour du lac, la pluie est abondante, le climat est tempère, et le brouillard stagnant de manière continue durant toute l’année, toute ces conditions favorables a l’épanouissement des théiers. L’histoire de ce the remonte à plus de 1000 ans. Les feuilles de the sont compressées à plat. Ajoutées à de l’eau bouillante, les feuilles donnent au the une couleur d’un vert très limpide, au gout moelleux et à l’arome délicieux.

2. Biluochun

C’est le the produit dans la montagne de Dongting au bord du lac de Taihu dans la province du Jiangsu. Les conditions géographiques et climatiques y sont aussi très favorables. Afin d’obtenir une bonne qualité, les feuilles de the sont cueillies au petit matin, et on les prépare en les faisant sauter dans des poêles en fin d’après-midi. La forme du the produit, roule a la main, est semblable a une spirale de jade, d’ou vient son nom chinois.

3. Junshan yinzhen

C’est un the jaune très connu en Chine. Il est produit dans la montagne de Junshan au milieu d’un grand lac dans la province du Hunan. Les eaux du lac vaporeuses apportent l’humidité nécessaire à la culture du the. Apres avoir été infusées, les feuilles de the se dressent dans l’eau comme des aiguilles d’argent.

4. Lushan yunwu

Ce the pousse dans la célèbre montagne de Lushan. Comme les nuages et le brouillard stagnent toujours dans la montagne, on nomme le the qui pousse à cet endroit le the de nuage et de brouillard. Il faut passer a travers 9 procèdes pour finalement produire ce the.

5. Le the rouge de Qimen

The rouge mondialement connu. Il a obtenu la médaille d’or en 1915 à l’exposition universelle de Panama. Les anglais aiment beaucoup ce the. Son odeur parfumée peut durer très longtemps.

6. Huangshan maofeng

Dans la province de l’Anhui, la montagne de Huangshan est réputée pour ses paysages pittoresques. A une attitude de 1200m environ poussent des théiers qui puisent facilement l’humidité sur les versants des monts. Ce the est fin et un peu ondule.

7. Anxi tieguanyin

C’est un des thés du dragon noir produit dans la région montagneuse de la province du Fujian. Il y a 4 récoltes de the dans l’année dont la meilleure est la récolte du printemps. Pour une qualité optimum, la cueillette des feuilles de the s’effectue par un jour ensoleille ou un jour de vent du nord. On fait en général ce travail de 10h du matin à 3h de l’après-midi. Ce the a une odeur parfumée très agréable.

8. Yunnan puer

Ce the est cultive et fabrique dans la province du Yunnan. Le conditionnement se présente sous forme de paquet ou en galette. La cueillette s’effectue par bourgeon de 2 à 3 feuilles. Ce the est beaucoup exporte dans les pays asiatiques.

9. Dongding wulong

Considère comme le meilleur the de Taiwan. Les théiers poussent dans la montagne de Dongding. Ce the a une odeur très parfumée et durable.

(Malgré une maigre expérience en the chinois, l’arrière gout du Wulong hante toujours mon palais).

10. Le the au jasmin de Suzhou

On commence à planter des fleurs de jasmin depuis la dynastie des Song (10e-13e siècles) à Suzhou. Plus tard, on mélange du the vert et des fleurs de jasmin pour fabriquer ce the qui dégage des aromes très agréables.

Les 18 variétés de théiers.

L’importance du the dans la vie des chinois

Tout le monde connait l’expression chinoise: « les 7 choses quotidiennement nécessaires sont : du bois, du riz, de l’huile, du sel, de la sauce, du vinaigre et du the ». Le the est complément intègre à la vie courante des chinois. Pour les passionnes de the, la vie peut se concevoir sans jamais boire de vin, mais ils ne peuvent pas supporter de faire les trois repas quotidiens sans the.

Depuis longtemps, il existe des réunions avec le the comme thème, d’ou proviennent des normes de services, d’ambiance, de cérémonie. Plus tard cela sera consacre par le « Sado », l’art du the du Japon (avec la cérémonie du the).

Les maisons de the en Chine sont très populaires et prospères. Ou que l’on aille, on peut découvrir des maisons de the de toutes sortes. Elles se classent en quatre catégories:

- La maison de the sur le modèle de Beijing (Pékin) : c’est la tradition depuis la dynastie des Song. On boit du the en admirant le théâtre, l’opéra, les chansons ou en écoutant un conteur.

- La maison de the sur le modèle de Suzhou : Ces maisons sont installées souvent dans un parc ou un site pittoresque, on y boit du the en admirant les beaux paysages. Souvent sont plantes des bambous, des pruniers autour de la maison.

- La maison de the sur le modèle de Guangdong : c’est la combinaison du the et de la nourriture. Durant les dynasties Tang (9e-10e s.) et des Song, le commerce était très développé, ces maisons étaient les lieux de rencontre et de négociation des commerçants. Aujourd’hui, l’invitation à prendre « un the matinal », ne se résume pas a boire du the, en réalité, mais aussi a manger beaucoup de mets délicieux tenant lieu de véritable repas copieux.

- La maison de the sur le modèle de Sichuan : c’est un lieu de loisir très populaire, on boit du the en bavardant, en jouant aux cartes, au mah-jong, aux échecs…. La maison est en général de style simple et bon marche ou l’on peut passer toute la journée sans s’ennuyer. Parfois trop bruyant pour un étranger, mais animation très agréable pour les habitants de la région, on y recherche plutôt la communication et l’harmonie entre les êtres humains.

Le plaisir du the

Autrefois, quand les poètes, les lettres faisaient des réceptions, le the était obligatoire, on infusait le the avec de l’eau de puits ou de l’eau de ruisseau de montagne très propre. On devait décorer sa maison avec gout, mettre le service a the fin et joli, préparer une nourriture légère. On écrivait des poèmes, ou faisait de la peinture en dégustant le the.

Souvent plus l’hôte était distingue, plus on lui offrait le meilleur the. Une anecdote rapporte que dans la chine de l’Antiquité, un jour, un poète et peintre très connu a rendu visite à un temple. Le chef des moines lui a offert du the. Le prenant pour un simple serviteur, il ordonna au petit moine: « apporte du the à ce monsieur ». Mais en bavardant, la chef apprécia beaucoup cet homme savant, et il réordonna au petit moine: « apporte du bon the a ce monsieur! ». Finalement l’identité de cet homme célèbre lui étant révélée, il cria au petit moine : « vite, apporte mon meilleur the à notre monsieur! ».

Jusqu’a nos jours, on offre toujours du the aux invites. Sur la table, quand on trinque avec du vin ou de l’alcool, ceux qui ne boivent pas peuvent lever leur tasse de the pour trinquer avec les autres.

Dans certaines régions, on boit du the de Gongfu, des amis se mettant autour d’une table basse, on utilise un service à the spécial, on infuse du the, et la saveur ne se manifeste qu’à la deuxième ou la troisième eau. On boit dans une tasse très petite, et naturellement on boit à plusieurs reprises.

Le service à thé de renommée est fabrique en argile à poterie de couleur pourpre très foncée. Sur le théier et les tasses, on peut voir figurer des dessins ou des calligraphies.

Table à the.

Dans les régions ou résident les populations de minorités nationales, le the est omniprésent. Durant la cérémonie de fiançailles, de mariage, le the est pris de façon différente : certains mettent du sésame, des cacahouètes, du riz sautes, du sel, etc.., dans le the, d’autres y rajoutent des longanes, des dattes, du sucre glace, etc.. Les tibétains apprécient de boire du the au beurre.

Quand un garçon est tombe amoureux d’une fille, il lui rend visite chez elle, pour lui chanter des chansons, et si elle l’accepte, elle prépare du the et lui en offre.

Il existe en Chine des poèmes, des chansons, des danses et des pièces de théâtres avec le the comme thème central. Dans la langue chinoise, on peut trouver beaucoup d’expression avec le mot « the », par exemple : on appelle le pourboire « chaqian » (c’est à dire pour payer son the); la collation devient « chadian » en chinois; on nomme les heures de loisir « chayu-jiuhou » (c’est à dire les heures après avoir bu du the ou du vin).

L’utilité du the

Le the est non seulement une boisson, mais aussi un breuvage aux vertus médicinales utiles pour protéger notre corps. Parmi les éléments chimiques du the, il y a plus de 450 sortes de composants organiques, et 15 sortes de composants minéraux inorganiques.

D’après les analyses, le the peut redonner de l’énergie, apaiser la soif, aider à digérer et mincir, aider à soigner l’hypertension, se remettre de la fatigue, dessouler, soulager la douleur ou la fièvre, désintoxiquer…

En Chine, on prépare toutes sortes de tisanes avec du the qui ont des vertus médicinales.

- Le the aux chrysanthèmes blancs sèches de Hangzhou : Il a pour effet de rafraichir et de faire baisser la tension.

- Le the au miel : bon pour les poumons; il aide à s’éclaircir la voix, il est aussi efficace contre la pharyngite et la constipation.

- Le the au gingembre : pour soigner le rhume, ce the entraine une transpiration qui peut aider à guérir.

- Le the au chèvrefeuille : on boit ce the surtout en été, il peut rafraichir en cas de chaleur, apaiser la soif, protéger contre l’insolation.

- Le the pu’er et le the du dragon noir ont une bonne réputation comme facilitant l’élimination des graisses, et par conséquent en tant que breuvage pour mincir.

Excepté les tisanes, les chinois utilisent le the dans la vie quotidienne :

Le the rouge est ajoute pour cuire les œufs à la coque. Cuire d’abord les œufs, ensuite, casser doucement la coque, ajouter du the rouge, recuire encore quelques minutes, les œufs auront ainsi l’odeur parfumée du the.

Apres avoir infuse et bu du the, on peut faire sécher ses feuilles, et en faire un oreiller, on dit que c’est bon pour le cerveau.

Pour les personnes qui ont bu trop de vin, boire 2 ou 3 tasse de the bien fort les aidera à dessouler.

Les feuilles du the déjà infusées contiennent encore du sel inorganique et de l’hydrate de carbone et peuvent être utilisées dans les pots de fleurs comme engrais.

Le the peut rafraichir, soulager et rendre de bonne humeur. Apres avoir achève un travail ou avant de débuter une lecture, infusez une tasse de the, et regardez les feuilles qui ont puise les essences de la nature s’épanouir petit a petit dans l’eau bouillante, avant de sentir leur odeur parfumée se dérouler dans la vapeur, et enfin savourez cette « rosée bienfaisante » a petites gorges en s’enivrant de ce véritable bonheur de la vie, le the.