Le mont Hua 2e partie: Les porteurs

Un pays de contrastes, la Chine  du mont Hua fait tomber certains masques. Les jeunes vies d’autrefois, bien loin du capitalisme et de sa loi, aujourd’hui ces vies plus âgées, subissent d’amers résonances.

Un sujet peu flatteur, un sujet qui ne met personne a l’honneur.

Ils sont les derniers témoins de l’ère communiste, personnes âgées qui travaillent jusqu’à l’épuisement.
Pourquoi?
Ils sont à la fois le souffle et la tristesse du mont Hua, s’occupant du ravitaillement, en souliers jusqu’au sommet, des stands et restaurants.
Le randonneur lambda grimpe en 5h, eux sous de fortes chaleurs, (avec) un poids considérable de denrées alimentaires sur les épaules qui éreinte leurs corps robustes avec ce très dure labeur.

En moyenne l’âge du porteur dépasse les 60 ans. Hein! Comment est-ce possible?
Peut-être sont-ils surhumains, peut-être sont-ils les hommes d’hier, aux corps robustes et qui négligent la crème pour les mains.

En moyenne, le vieil homme fait deux allers-retours, montant avec des marchandises, descendant les déchets de la nouvelle société.
Pas de retraite, ce gagne pain de 14 euros par jour, détruit le corps, détruit l’amour, par de petits gestes que nous aurions pu leurs apporter quand nous les regardions passer.

J’ai ma part de honte en les photographiant discrètement, pour qu’il ne me demande pas des comptes.

Je finis sur le témoignage bouleversant, celui d’un homme de 72 ans, sans rire, il n’a pas toutes ses dents. Le dos courbé et l’épaule abîmée, il grimpe la montagne avec 48 Litres d’eau en petites bouteilles. Trop fatigué, il ne fait qu’un aller, le retour à vide ne lui est même pas dédommagé.
Cet aller, job qu’aucun chinois moins âgé n’accepterait, lui fait gagner 4 euros.
Pourquoi faire un tel travail?
« Il n’y a pas d’autre métier qui veuille de moi » me dit-il.

Obligé de survivre malgré les blessures,  je ne peux critiquer ce système à la dure, ni ne vous invite à le faire, une simple page sur ce qui est.

13/08/2010

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